-
Annulation du licenciement d’un salarié protégé et exclusion de la participation
Les sommes versées au titre de la participation aux résultats de l’entreprise n’entrent pas dans l’assiette de l’indemnité versée au salarié protégé en cas d’annulation du licenciement.
-
Renouvellement d’une inscription hypothécaire par voie postale et primauté de la date de réception
Lorsqu’une demande de renouvellement d’inscription hypothécaire est adressée par courrier, seule sa date de réception par le service de la publicité foncière doit être prise en compte pour apprécier le respect du délai de renouvellement. La règle du cachet de la poste faisant foi est écartée au profit des exigences propres à la publicité foncière.
-
Une protection et des droits renforcés pour les salariés parents d’enfants atteints d’une maladie grave ou d’un handicap
La loi 2026-492 du 12-6-2026 visant à améliorer la protection et l'accompagnement des parents d'enfants atteints d'un cancer, d'une maladie grave ou d'un handicap a été publiée au Journal officiel du 13-6-2026. Présentation des mesures en vigueur depuis le 14-6-2026 ayant une incidence dans la gestion du personnel.
Une assemblée de SAS annulée pour avoir été tenue malgré une ordonnance d’ajournement
L’assemblée des associés d’une SAS a été annulée car elle avait été convoquée en violation d’une ordonnance du juge des référés ajournant une précédente assemblée qui avait en partie le même ordre du jour.
Le président d’une société par actions simplifiée (SAS), qui détient 51 % des actions, engage devant le juge des référés une action en résiliation d’un contrat de licence de marque conclu entre la SAS et une société contrôlée par l’associé minoritaire. Il convoque peu après une assemblée des associés ayant pour objet d’approuver les comptes et de modifier les statuts, qui imposent que la résiliation d’un tel contrat soit autorisée par des associés détenant plus de 75 % du capital, en vue d’abaisser ce seuil à 50 %.
Le juge des référés ajourne cette assemblée, ainsi que toutes celles ayant le même ordre du jour, jusqu’à la décision appelée à se prononcer sur la résiliation du contrat. Le président de la SAS convoque alors une nouvelle assemblée, qui se tient en l’absence du minoritaire la veille de l’audience de plaidoiries sur la résiliation et approuve la modification statutaire, les comptes sociaux ainsi qu’une augmentation du capital social.
La cour d’appel de Bordeaux annule toutes les délibérations de cette assemblée : celle-ci s’étant tenue en violation grossière de l’ordonnance du juge des référés, aucune des résolutions adoptées ne pouvait être considérée comme régulière.
À noter
On le sait, quelle que soit la forme sociale, le juge des référés peut, en présence de circonstances exceptionnelles, prononcer l’ajournement d’une assemblée générale, c’est-à-dire son report à une date ultérieure. La Cour de cassation a récemment rappelé qu’il n’entrait pas dans les pouvoirs du juge des référés de prononcer l’annulation d’une assemblée prise en violation d’une telle décision ; ce dernier peut seulement suspendre les effets des délibérations (Cass. com. 13-1-2021 n° 18-25.713). La présente décision illustre que l’annulation peut en revanche être prononcée par les juges du fond.
En l’espèce, le président de la SAS reprochait au juge du fond d’avoir annulé toutes les résolutions de l’assemblée litigieuse, sans distinguer entre celles qui étaient prévues à l’ordre du jour de l’assemblée ajournée et celles qui avaient été ajoutées. L’argument n’a pas été retenu par la cour d’appel, pour qui la violation grossière de l’ordonnance justifiait l’annulation de l’assemblée dans son ensemble.
CA Bordeaux 10-1-2023 n° 22/01177
© Lefebvre Dalloz

