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Solidarité fiscale du dirigeant : absence de nécessité d’une intention frauduleuse
Un dirigeant peut être contraint de payer personnellement les dettes fiscales de sa société lorsque des manquements graves et répétés aux obligations fiscales ont rendu leur recouvrement impossible. Peu importe qu’il n’ait pas eu l’intention de frauder, que l’entreprise ait rencontré des difficultés financières ou qu’aucune action en responsabilité pour insuffisance d’actif n’ait été engagée contre lui.
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Financement par une SAS du rachat de ses propres titres : la responsabilité du président est engagée
Une cour d’appel, saisie par le liquidateur judiciaire d’une SAS agissant dans l’intérêt collectif des créanciers, juge que le président de la société qui a financé la cession des titres de la SAS avec les fonds sociaux a commis une faute séparable de ses fonctions, laquelle engage sa responsabilité.
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Cotisations AT-MP : un taux de cotisation déterminé au niveau de l’entreprise à compter de 2027 pour les entreprises en tarification individuelle ou mixte
Un décret du 13-10-2026 modifie le mode de calcul des cotisations patronales d’accident du travail et de maladie professionnelle (AT-MP) pour les entreprises en tarification individuelle ou mixte (hors Alsace-Moselle).
Covid-19 et loyers commerciaux : la Cour de cassation se prononce à nouveau en faveur des bailleurs
La Cour de cassation réaffirme l’obligation pour les locataires commerciaux de payer le loyer pendant les périodes de fermeture ou de restriction administrative. Elle ajoute que la clause prévoyant la suspension du paiement des loyers en cas de circonstances exceptionnelles affectant les locaux n’y change rien.
Des propriétaires de lots situés dans des résidences tourisme les louent aux exploitants de ces résidences. Ces derniers invoquent la cessation ou le ralentissement de leur activité pendant la crise sanitaire pour suspendre le paiement des loyers. Les propriétaires agissent en référé en vue d’obtenir le paiement d’une provision correspondant au montant des loyers impayés.
Par deux décisions rendues le même jour, la Cour de cassation accueille leur demande.
Dans l’un des arrêts, elle écarte les arguments des locataires tirés de l’application des dispositions du Code civil aux motifs suivants : l’effet de la mesure d’interdiction de recevoir du public, générale et temporaire et sans lien direct avec la destination contractuelle du local loué, d’une part, n’est pas imputable aux bailleurs, de sorte qu’il ne peut pas leur être reproché un manquement à leur obligation de délivrance, d’autre part, n’est pas assimilé à la perte de la chose, au sens de l’article 1722 du Code civil. En l’espèce, seuls les exploitants s’étaient vus interdire de recevoir leurs clients pour des raisons étrangères aux locaux loués, qui n’avaient subi aucun changement. Les mesures d’interdiction, qui n’étaient ni du fait ni de la faute du bailleur, ne constituaient donc pas une circonstance affectant le bien, emportant perte de la chose louée.
La Haute Juridiction écarte ensuite l’argument des locataires se prévalant de clauses des baux prévoyant que le paiement des loyers serait suspendu :
- dans le cas où la « non-sous-location du bien » résulterait « soit du fait ou d’une faute du bailleur, soit de l’apparition de désordres de nature décennale, soit de la survenance de circonstances exceptionnelles et graves (telles qu’un incendie de l’immeuble, etc.), affectant le bien et ne permettant pas une occupation effective et normale » ;
- en cas d’indisponibilité du bien loué en raison notamment de circonstances exceptionnelles ne permettant pas une occupation effective et normale du bien ; le loyer serait dans ce cas couvert soit par la garantie perte de loyers souscrite par le syndic de l’immeuble, soit par la garantie perte d’exploitation du locataire.
Ces clauses, juge la Cour de cassation, ne peuvent recevoir application que dans les cas où le bien était indisponible par le fait ou la faute du bailleur ou en raison d’un désordre ou d’une circonstance exceptionnelle affectant le bien loué ; la condition liée à la prise en charge des loyers par l’assureur, clairement exigée dans l’un des contrats, n’était par ailleurs pas remplie.
Par suite, l’obligation de payer le loyer n’était pas sérieusement contestable.
À noter
La Cour de cassation reprend ici, en s’y référant expressément, la solution déjà retenue en ce qui concerne les arguments tirés de la perte du local loué ou du manquement du bailleur à son obligation de délivrance justifiant que le locataire invoque l’exception d’inexécution (Cass. 3e civ. 30-6-2022 n° 21-20.190, no 21-20.127, n° 21-19.889). Rappelons que ces arrêts avaient également écarté la force majeure. Il ne reste donc guère que la question de l’imprévision qui n’ait pas encore été tranchée par la Cour de cassation.
En jugeant par ailleurs que les clauses de suspension des loyers pouvaient être jugées inapplicables par le juge des référés, ce qui impliquait que leur rédaction était suffisamment univoque pour exclure toute interprétation dans un sens plus favorable au locataire, elle ferme par ailleurs la porte aux éventuels contentieux qui auraient pu fleurir autour de cette question.
Cass. 3e civ. 23-11-2022 nos 21-21.867 et 22-12.753
© Lefebvre Dalloz

